: L’étonnement dans le haïku
?critère ou illusion
Dans
la lecture, notamment arabe, du haïku, le mot étonnement est parfois
utilisé comme critère d’évaluation : un haïku serait « surprenant » ou «
manquant de surprise ». Pourtant, l’étonnement n’est qu’une réaction subjective
du lecteur, liée à ses attentes. Il ne constitue pas un véritable outil
critique
Dans
la perspective de la Poétique des Atmosphères Scéniques (PAS), le haïku ne vise
pas la surprise ni la chute. Il ouvre plutôt un espace perceptif où les
éléments d’une scène apparaissent simplement
:Ainsi,
dans le célèbre haïku de Bashō
sur une branche nue
-un corbeau s’est posé
soir d’automne
:Ou
encore chez Issa
midi -
,le moineau chante
la rivière coule
Rien
ici de spectaculaire : seulement quelques éléments du monde. Pourtant, de leur
coexistence naît une atmosphère qui porte silencieusement l’effet du haiku
Lire
le haïku ne consiste donc pas à chercher l’étonnement, mais à prêter attention
à la manière dont la scène apparaît et laisse naître son atmosphère
Mohammed
Benfares- Maroc
