La répétition du mot « paradoxe », auréolé d’une forme de sacralité dans certaines écritures « critiques » arabes consacrées au haïku, n’est pas sans conséquences. Elle finit par infléchir à la fois les habitudes de lecture et les réflexes d’écriture.
Le lecteur est peu à peu conditionné à traquer le paradoxe dans le texte, comme s’il en constituait la clé esthétique. Et certains auteurs, surtout parmi les débutants, en viennent à fabriquer des effets de style, voire à forcer le contraste, afin de produire ce prétendu paradoxe.
De là la prolifération rapide de textes froids, extérieurs à toute expérience sensible et donc privés de véritable résonance affective. On pourrait ranger cette production, essentiellement consommable, dans une catégorie assez parlante : les textes de laboratoire du paradoxe.
— Poétique des atmosphères scéniques : de la scène à l’effet, Mohammed Benfares
